Facturation en plusieurs devises, expliquée sur 2 000 USD
Facturation en plusieurs devises : taux du jour, TVA en euros et écart de change chiffré, ligne par ligne, sur une facture de 2 000 USD.
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Une facture de 2 000 USD émise quand 1 € vaut 1,0800 USD pèse 1 851,85 € en compta. Payée quand 1 € vaut 1,1000 USD, elle ne rapporte que 1 818,18 €. Les taux de cet article sont des exemples pour que vous puissiez refaire chaque calcul.
La facturation en plusieurs devises consiste à émettre des factures dans une autre monnaie que l'euro, selon le client, tout en tenant votre comptabilité en euros. Voici le trajet complet d'une seule facture, de l'émission à l'encaissement.
Points clés
- Fixez la devise dans le devis ou le contrat avant la première facture, et ajoutez une clause de variation de change si l'écart vous fait peur : sans accord écrit, le risque de change est pour vous.
- Convertissez en euros au taux officiel du jour d'émission (BCE ou Banque de France) et notez ce taux sur la facture ou dans votre dossier.
- Si de la TVA française s'applique, son montant doit apparaître en euros sur la facture. Si elle ne s'applique pas, la mention d'exonération suffit.
- À l'encaissement, ne corrigez pas la facture : l'écart entre taux d'émission et montant reçu va en gain ou en perte de change dans votre compta.
Dans quelle devise émettre la facture, et qui choisit ?
Vous pouvez facturer dans n'importe quelle devise convertible, identifiée par son code ISO 4217 (USD, GBP, CHF…). C'est l'article 289 IV du CGI, rappelé par economie.gouv.fr. Le choix se négocie entre vous et le client, par écrit.
En pratique, un client américain qui paie depuis un compte en dollars peut préférer une facture en USD : il évite de convertir de son côté.
Notre cas : un freelance français facture 2 000 USD de prestations. Avant d'émettre, il fait inscrire dans le devis trois choses : la devise (USD), le délai de paiement (30 jours) et, s'il le souhaite, une clause qui ajuste le prix si le taux bouge au-delà d'un seuil convenu.
Affichez toujours le code de la devise à côté de chaque montant, ligne par ligne et au total. « 2 000 $ » seul prête à confusion : le symbole existe pour le dollar américain, canadien ou australien.
Quel taux de change utiliser à la date de la facture ?
Le taux de référence est le taux officiel du jour d'émission, publié par la Banque centrale européenne ou la Banque de France, selon economie.gouv.fr.
La BCE cote en « 1 € = X USD ». Supposons 1,0800 le jour de l'émission. Le calcul est une simple division :
2 000 USD ÷ 1,0800 = 1 851,85 €
C'est la valeur en euros que vous inscrivez en compta à l'émission. Gardez trace du taux et de sa date (capture, ligne dans le dossier client). Un contrôleur ou votre comptable doit pouvoir refaire le calcul.
Repère de lecture : plus le chiffre coté grimpe, plus l'euro vaut de dollars, donc moins vos dollars valent d'euros.
Que devient la TVA quand la facture est en devise ?
La devise ne crée pas de TVA. Elle change seulement l'unité d'affichage quand de la TVA française s'applique. Selon le BOFiP archivé sur impots.gouv.fr, le montant total de TVA à collecter doit figurer en euros sur la facture.
Deux cas pour notre facture de 2 000 USD :
- Client professionnel hors UE, prestation de services : en règle générale, la TVA française ne s'applique pas. Vous indiquez la mention d'exonération adaptée (par exemple « TVA non applicable, art. 259-1 du CGI ») et la facture reste en USD. Vérifiez votre situation avec votre comptable si le service est particulier.
- TVA française applicable (client en France facturé en USD, par exemple) : à 20 %, la TVA vaut 400 USD. Convertie au taux du jour, 400 ÷ 1,0800 = 370,37 €. La facture affiche 2 000 USD HT, 400 USD de TVA, 2 400 USD TTC, et la ligne « TVA : 370,37 € ».
En franchise en base de TVA, aucune TVA n'est facturée et la mention légale correspondante remplace tout cela.
Que se passe-t-il quand le paiement arrive à un autre taux ?
Quand l'argent arrive, le client paie 2 000 USD, jamais un euro de plus ou de moins. Seule la valeur en euros bouge. L'écart entre la valeur à l'émission et celle à l'encaissement est un écart de change, constaté en gain ou en perte, sans toucher à la facture.
Reprenons la valeur d'émission de 1 851,85 € et trois taux possibles au jour du paiement :
| Taux au paiement (1 € =) | 2 000 USD valent | Écart vs émission |
|---|---|---|
| 1,0600 USD | 1 886,79 € | + 34,94 € (gain) |
| 1,0800 USD | 1 851,85 € | 0 € |
| 1,1000 USD | 1 818,18 € | − 33,67 € (perte) |
Sur le troisième scénario, la perte de 33,67 € représente environ 1,8 % de la facture.
Côté comptabilité, les écarts constatés à l'encaissement vont en comptes de pertes ou gains de change (666 et 766 au plan comptable général). Les factures encore impayées à la clôture sont réévaluées au taux de clôture, avec les comptes d'écart de conversion 476 et 477.
Attention aux frais : si votre banque convertit les dollars, le montant crédité peut être inférieur au calcul théorique. Cette différence-là n'est pas un écart de change, mais un coût de conversion. Séparez-les dans vos notes.
Facturation en plusieurs devises : pour qui, et quand rester en euros ?
La facturation en devise sert surtout à ceux dont les clients paient dans une autre monnaie : freelances avec des clients américains, britanniques ou suisses, petites structures qui vendent hors zone euro, prestataires payés par des plateformes étrangères. Elle ne vaut pas le détour pour un client unique, ponctuel et petit.
Restez en euros si :
- le client est dans la zone euro : aucune raison de compliquer ;
- le montant est faible et le client accepte de payer en euros (c'est alors lui qui porte la conversion) ;
- vous ne voulez surtout pas gérer d'écarts de change : facturer en euros vous met à l'abri, mais le client voit le risque à votre place, et peut négocier le prix en conséquence.
Passez en devise si le client y tient, si vous avez des dépenses dans cette même monnaie (un compte en dollars permet alors de payer sans convertir), ou si vous voulez que le prix reste lisible pour lui.
Une règle simple : tant que vous ne savez pas expliquer en deux lignes à votre comptable d'où vient chaque montant en euros, ne multipliez pas les devises. Une seule suffit pour commencer.
Comment créer et exporter votre première facture en devise (PDF et CSV) ?
- Choisissez la devise (USD) et écrivez-la dans le devis accepté.
- Saisissez les lignes en USD : par exemple 4 jours à 500 USD = 2 000 USD.
- Relevez le taux officiel du jour d'émission et divisez : 2 000 ÷ 1,0800 = 1 851,85 €.
- Ajoutez la TVA ou la mention d'exonération, avec la TVA en euros si elle s'applique.
- Exportez en PDF pour le client.
- Exportez en CSV pour votre comptable : devise, montant en USD, taux, date et valeur en euros sur la même ligne.
Avec Split The Bill, vous créez et envoyez la facture, le client la reçoit par lien sans télécharger quoi que ce soit ni créer de compte, et vous exportez PDF et CSV. Le calcul est déterministe : même taux, même résultat, aucune estimation par IA.
Questions fréquentes
Faut-il émettre un avoir quand le taux a changé entre l'émission et le paiement ?
Non. Un avoir ne se justifie que si le prix en dollars lui-même est modifié.
Que faire si le client paie en plusieurs fois, par exemple avec un acompte ?
Chaque encaissement a son propre taux. Un acompte de 500 USD reçu à un taux et le solde de 1 500 USD reçu plus tard à un autre génèrent chacun leur écart de change. Gardez, pour chaque virement, la date et le montant réellement crédité en euros. Votre comptable n'aura qu'à faire la somme.
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